On ne le devine pas toujours en longeant ses rues calmes, Vanves est un haut lieu du livre. La rue Jean Bleuzen, qui honore un résistant mort en 1944, aligne les sièges d'Hachette Livre, acteur majeur de l'édition, des Éditions Hatier, de Rageot et d'Hachette Collections. Sur la même rue, le groupe de protection sociale Audiens a posé son siège, et le CNED occupe un site boulevard du Lycée. Pour une commune de cette taille, une telle concentration de maisons nationales est exceptionnelle, et elle irrigue tout un écosystème de graphistes, de correcteurs, de photographes, de traducteurs et d'indépendants qui gravitent autour du livre et de la formation. Marguerite Duras et Marina Tsvetaïeva ont d'ailleurs vécu à Vanves dans les années 1930, une empreinte littéraire discrète qu'une librairie ou une maison d'édition peut revendiquer sans forcer le trait.
L'autre visage économique de Vanves est celui d'une ville de quartiers. Le marché couvert de la rue Antoine Fratacci rassemble boucher, poissonnier, primeurs et torréfacteur, les commerces du centre s'organisent autour de lui, et les professions libérales comme les artisans trouvent leur clientèle dans un rayon de quelques centaines de mètres. S'ajoute un flux singulier, le parc des expositions de la porte de Versailles, côté Paris, touche la lisière nord de la commune. Ses salons font passer des visiteurs, des exposants et des équipes techniques à deux pas de Vanves presque toute l'année, une aubaine pour l'hôtellerie, la restauration et les services qui savent se rendre visibles au bon moment.
Pour toutes ces activités, le constat est le même. La clientèle est là, dense, connectée, exigeante. Ce qui manque le plus souvent, c'est une présence en ligne qui soit à la hauteur de la qualité du travail fourni.