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Guides & Ressources10 min10 juillet 2026Mis à jour le 22 juillet 20262 039 mots

Non, les recherches Google ne baissent pas de 29 %, ce que mesure vraiment l'étude au million de mots-clés

Le chiffre de 29 % ne mesure pas une baisse des recherches Google. L'étude Fractl, 1 010 848 mots-clés, montre une demande quasi stable qui se déplace vers les IA.

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Les recherches Google ne baissent pas de 29 %, ce chiffre désigne la part du volume étudié portée par des mots-clés en déclin, et le solde global de la même étude est quasiment à l'équilibre. Le raccourci a pourtant été repris dès début juillet 2026 dans la presse spécialisée française, repris comme la preuve d'un effondrement de la recherche Google. La source est sérieuse, une étude de l'agence américaine Fractl publiée le 2 juillet 2026 sur Search Engine Land, mais la lecture qui circule lui fait dire l'inverse de ce qu'elle montre.

Ce que l'étude documente, c'est un déplacement, pas une disparition. La demande se reformule en requêtes plus longues et plus conversationnelles, et elle bascule en partie vers les chatbots. Une seconde étude, publiée quatre jours plus tard, mesure de son côté le trafic que les plateformes IA renvoient déjà vers les sites. Pour un dirigeant de TPE ou de PME française, la question n'est pas de savoir si Google meurt, mais où sa demande se déplace et comment la suivre.

Agence digitale à Paris depuis 1999, nous vendons du SEO et du référencement IA, autant le dire d'emblée. Nous aurions intérêt à dramatiser ces chiffres, raison de plus pour ne pas le faire, nous avons vérifié chaque donnée contre les deux études sources avant d'écrire la première ligne.

Dans cet article, nous expliquons d'où vient le chiffre de 29 %, pourquoi la demande se déplace plus qu'elle ne baisse, qui encaisse et qui résiste, où le trafic réapparaît, et ce que cela change pour une entreprise française.

D'où vient le chiffre de 29 % et ce qu'il mesure vraiment

L'étude est signée Kelsey Libert, co-fondatrice de Fractl, une agence de contenu américaine dont ce type de publication sert aussi la visibilité, un biais à garder en tête. Publiée le 2 juillet 2026 sur Search Engine Land, elle s'appuie sur des données Semrush et son périmètre est massif, 1 010 848 mots-clés à fort volume, 10 000 recherches mensuelles ou plus chacun, suivis pour 379 marques dans 8 verticales, soit environ 35,4 milliards de recherches mensuelles observées. La variation est mesurée sur un an, arrêtée à avril 2026, sur le marché américain uniquement.

Le fameux chiffre sort de là. 29 % du volume de recherche suivi est porté par des mots-clés en déclin mesurable, ceux qui perdent plus de 15 % de volume en un an. C'est une part du volume exposée à l'érosion, pas une chute du nombre de recherches. Annoncer une baisse des recherches Google de 29 %, c'est confondre le thermomètre et la température.

Le détail dessine un paysage contrasté. 40,7 % des mots-clés étudiés perdent plus de 15 % de volume sur un an, avec un déclin moyen de 41 % parmi eux, pendant que 20,1 % progressent de plus de 15 %. Deux fois plus de perdants que de gagnants en nombre de mots-clés, et pourtant la demande totale tient. C'est ce paradoxe que le raccourci écrase, et c'est lui qui porte la vraie information.

Une demande qui se déplace plutôt qu'elle ne disparaît

Le paradoxe se résout en pesant les volumes. Les 285 489 mots-clés en déclin représentent environ 10,29 milliards de recherches mensuelles, les 140 835 mots-clés en croissance environ 10,31 milliards. Le solde net est même légèrement positif, environ 16,8 millions de recherches mensuelles gagnées. Moins de mots-clés captent la croissance, mais la masse de la demande ne s'évapore pas.

Ce que l'étude décrit, c'est une reformulation. Les internautes délaissent une partie des requêtes courtes au profit de formulations plus longues et plus conversationnelles, et une fraction des questions part vers les chatbots. La demande existe toujours, elle s'exprime autrement, parfois ailleurs. Ce mouvement est distinct du zero-click, cette part des recherches qui se terminent sans aucun clic, mesurée à 68 % aux États-Unis par SparkToro, que nous avons déjà analysée dans notre article sur les recherches sans clic.

Un marché dont la demande baisserait de 29 % se gérerait en coupant les budgets. Un marché qui se reformule se gère en suivant les nouvelles formulations, un travail de référencement, pas un constat de décès.

Qui encaisse le choc et qui résiste

La moyenne cache des écarts nets entre segments. Les requêtes informationnelles, celles qui cherchent une définition, un comparatif ou un conseil, encaissent le plus. La verticale FinTech affiche 37,7 % de déclin, la HealthTech et le bien-être dépassent 25 %. Ce sont les questions auxquelles une réponse d'IA suffit souvent, sans passage par un site.

Le transactionnel résiste nettement mieux. Dans le SaaS, 48 % des mots-clés sont en croissance contre 19 % en déclin, et le lifestyle affiche 40 % de croissance contre 15 % de déclin. Quand l'intention est d'acheter ou de choisir un prestataire, le réflexe moteur de recherche tient bon.

Dernière donnée à retenir, 90 % du volume suivi est composé de requêtes sans nom de marque, ce que les référenceurs appellent le non-branded. Or cette part générique est la plus vulnérable face aux réponses des IA. Les requêtes qui contiennent votre marque vous appartiennent encore, un argument chiffré pour investir dans la notoriété autant que dans le générique.

Où la demande réapparaît, les chiffres frais du trafic IA

Le volet consommateurs de la même étude Fractl donne une première indication du report. Dans un sondage de 1 004 Américains, âge médian de 41 ans, 59 % se disent susceptibles de visiter le site d'une marque après une mention ou une recommandation par un chatbot, et 18 % ont déjà acheté sur la seule recommandation d'une IA, sans vérifier ailleurs. Dans le même temps, 52 % pensent que Google restera leur outil principal dans cinq ans.

Une seconde étude permet d'observer, côté sites cette fois, le trafic que les plateformes IA renvoient. Le cabinet SEO Previsible a publié le 6 juillet 2026 sur Search Engine Land la troisième itération de son AI Traffic Study, signée David Bell, directeur produit et co-fondateur, qui affiche ce lien d'intérêt dans l'article. Le panel couvre 166 propriétés GA4 suivies de novembre 2024 à mai 2026, 19 mois, pour 6,77 millions de sessions référées par des plateformes IA sur des secteurs variés, sans précision sur la géographie du panel, une limite à noter. Ces chiffres actualisent le panorama que nous avions dressé au printemps dans notre article sur le trafic apporté par les IA.

Premier enseignement, la concentration. ChatGPT génère 92,4 % du trafic référent IA mesuré. Gemini pèse 2,8 % sur l'ensemble de la fenêtre, environ 3,2 % sur la période récente. Claude ne représente que 1,3 %, mais son volume a été multiplié par 64 sur la période et il a dépassé Perplexity en mars 2026. Copilot est retombé à 0,5 %, en recul de 96 % depuis son pic d'août 2025, et Perplexity a reculé de 61 % depuis son pic de mars 2025, où il atteignait 2,7 % du canal.

Deuxième enseignement, une croissance à remettre à l'échelle. Le volume total a été multiplié par 9,9 en 19 mois, de 65 249 sessions mensuelles en novembre 2024 à 644 478 en mai 2026. Rapporté aux 166 sites du panel, environ 3 900 sessions par mois et par site en moyenne. Le canal croît vite en pourcentage et reste modeste en volume absolu.

Deux précautions avant d'en tirer un plan. Côté volatilité, les sessions référées par ChatGPT ont chuté de moitié en un seul mois, en novembre 2025, au gré de décisions produit d'OpenAI, ce canal ne se juge jamais sur un mois isolé. Et le grand angle mort de la mesure reste Google, ses AI Overviews sont exclus de la mesure, faute de session référée traçable, et l'étude elle-même estime qu'ils drainent presque certainement plus de trafic IA que toutes les plateformes réunies. Ces AI Overviews sont justement annoncés en France d'ici le 23 septembre 2026. Nous avons détaillé la décision d'inclusion à préparer avant la rentrée.

Ce que ça change pour une TPE ou PME française

D'abord, ne pas importer la panique telle quelle. L'étude Fractl ne regarde que des requêtes à 10 000 recherches mensuelles ou plus, de grosses requêtes génériques américaines, précisément la zone la plus exposée aux réponses des IA. Rien ne prouve que la longue traîne locale d'une TPE française suive la même pente. Et le biais d'éditeur signalé plus haut n'invalide pas les données, il commande simplement de les lire avec mesure.

Ensuite, changer d'unité de mesure. Si la demande se reformule, suivre des mots-clés isolés devient trompeur, une requête peut s'effondrer pendant que le besoin qu'elle exprimait prospère sous d'autres formulations. Le bon niveau de lecture est le groupe de requêtes autour d'un même besoin, une bascule de méthode que nous détaillons dans notre guide sur l'impact de l'IA sur le SEO.

Enfin, jouer les deux terrains à la fois. Le socle Google mérite toujours l'essentiel de l'effort, la demande mesurée par l'étude y est stable et le transactionnel y résiste bien. Le canal IA se prépare dès maintenant, avec des pages sources solides, une marque visible près des faits cités et un suivi régulier des mentions, c'est le cœur de notre offre de référencement IA. Les 59 % d'Américains prêts à visiter un site après une recommandation de chatbot n'ont pas d'équivalent français mesuré, mais cette mécanique se travaille dès aujourd'hui.

Reste la question que ce déplacement pose à tout dirigeant, faut-il encore investir dans le référencement. Nous y répondons chiffres en main, record de recherches Google et budgets publicitaires français à l'appui, dans notre réponse à la question du moment, le SEO est-il mort.

FAQ, la baisse des recherches Google

Les recherches Google baissent-elles vraiment de 29 % ?

Non. Le chiffre de 29 % désigne la part du volume étudié par Fractl portée par des mots-clés en déclin de plus de 15 % sur un an, sur 1 010 848 requêtes américaines à fort volume. La même étude aboutit à un solde global quasiment nul, environ 16,8 millions de recherches mensuelles gagnées au net. La demande se reformule et se déplace, elle ne s'effondre pas.

Quels types de requêtes déclinent le plus ?

Les requêtes informationnelles génériques encaissent le plus, la verticale FinTech affiche 37,7 % de déclin dans l'étude Fractl et la HealthTech comme le bien-être dépassent 25 %. Le transactionnel résiste nettement, le SaaS compte 48 % de mots-clés en croissance contre 19 % en déclin. Plus une requête est proche de l'achat, mieux elle tient.

Combien de trafic les plateformes IA renvoient-elles vers les sites ?

L'étude Previsible du 6 juillet 2026 mesure 6,77 millions de sessions référées par des IA sur 166 sites en 19 mois, un volume multiplié par 9,9 sur la période. Cela reste modeste, environ 3 900 sessions par mois et par site en moyenne, et ChatGPT concentre 92,4 % de ce trafic. Les AI Overviews de Google, exclus de la mesure, y ajouteraient selon l'étude un volume presque certainement supérieur.

Faut-il revoir sa stratégie SEO à cause de ces chiffres ?

La compléter plutôt que la renverser. L'étude Fractl est américaine et centrée sur de gros volumes, Previsible ne précise pas la géographie de son panel, et la longue traîne locale française n'est représentée ni dans l'une ni dans l'autre. Le mouvement de fond justifie deux chantiers, suivre des groupes de requêtes plutôt que des mots-clés isolés, et renforcer sa marque, puisque 90 % du volume étudié vient de requêtes sans nom de marque, la part la plus vulnérable.

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